Rare paire de vases en tôle peinte et bronze doré

Epoque Louis XVI.

Les vases de forme oblongue sont inscrits dans une monture tripode en bronze ciselé et doré à motifs de têtes de béliers, réunies par une frise, et tenant une guirlande.
Dans le bas, chaque montant est relié par un bronze guilloché et terminé par des sabots de béliers, reposant sur un socle triangulaire à pans coupés.
Le couvercle est orné de feuilles surmontées d’une pomme de pin, motifs que l’on retrouve inversé dans la partie inférieure du vase.

Les montures en bronzes dorés
L’idée de monter somptueusement des objets afin de les présenter avec un éclat particulier est ancienne. Ainsi, dès le Moyen Age des exemples de coupes ou vases en pierres rares sont connus, sertis dans d’or ou d’argent.
Si l’or et l’argent continuèrent à être utilisés au XVIIe siècle, les montures de bronze doré connurent un essor sans précédent à la fin du règne de Louis XIV, répondant en cela à la nécessité d’économie ayant marquée cette période. Par la suite, durant tout le XVIIIe siècle, les bronziers, doreurs et ciseleurs rivalisèrent de talent pour offrir de somptueux écrins aux matériaux les plus recherchés.

Objets en Tôle
Etudiés depuis peu, les plus anciens objets en tôle laquée qui nous sont parvenus sont datées de l’époque Régence ou du début de l’époque Louis XV, là où l’engouement pour les laques orientaux et la recherches fiévreuse d’imitation de ces laques semble avoir été à l’origine de la mise au point de cette technique.
Si le décor de ces objets imite la laque, leurs formes et leurs typologies s’inspirent dès le début de celle de l’argenterie et, surtout, de la faïence et de la porcelaine. Rare cependant sous Louis XV, la tôle laquée connut un regain de faveur dû à l’anglomanie dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. En effet, en Angleterre, à Pontypool, était établie depuis les années 1730 une manufacture de tôle peinte qui connut un grand succès. En réaction à ces importations anglaises furent créées en France deux manufactures dédiées exclusivement à cette production qui vinrent donc s’ajouter aux ateliers de peintres vernisseurs dans la production de ce type d’objet. Certains marchands-merciers (Granchez à l’enseigne Au Petit Dunkerque, ou madame Blakey en particulier), acteurs majeurs du marché de l’art toujours avide de créer de nouvelles modes auprès de leurs amateurs, s’intéressèrent aux objets en tôle et sont vraisemblablement à l’origine des rares exemples de monture en bronze doré servant d’écrin à certains d’entre eux, à l’image ce modèle.

Bibliographie
Sous la direction d’Anne Forray-Carlier et de Monika Kopplin, Les secrets de la laque française, le vernis Martin, Paris, 2014.
Pierre Verlet, Les bronzes dorés français du XVIIIe siècle, Paris 1987.
Pierre Kjellberg, Objets montés du Moyen Age à nos jours, Paris, 2000.

Dimensions :
Hauteur : 19 ½ cm - 7 ½ inches
Diamètre : 9 cm - 3 ½ inches